Défendez le droit d'asile !

Le mur de la honte

Très honnêtement, cela fait un certain temps que l’on entretient des doutes sur les intentions et les stratégies du Ministre de l’Intérieur. Nous avions juste l’espoir que d’autres responsables de l’Etat gardaient des agendas moins secrets, ou conservaient une conscience plus en accord avec le droit international.
Le silence de l’Etat puis les rodomontades de LERM et du Président contre le gouvernement Italien sur le refus de laisser le navire de sauvetage Aquarius aborder dans un port avec 629 personnes à bord dont de nombreux enfants font tomber le masque.

L’Aquarius est un navire appareillé par une ONG française, SOS Méditerranée. Il conduit une mission imposée par le droit de la mer, comme d’autre navire et la marine italienne qui elle aussi vient en secours des embarcations surchargées venues de Libye. Jamais, depuis le refus du nouveau gouvernement italien de le laisser accoster dans un port italien, les autorités françaises n’ont proposé ou accepté de recevoir ce navire. On préfère garder un silence prude, et saluer du bout des lèvres le courage des Espagnols qui, eux, font preuve de solidarité européenne et rendent honneur à la tradition d’accueil. Ici, en France, accueillir 650 personnes rescapées en mer? Horreur! Appel d’air! Pression inacceptable sur les structures d’accueil ! Mise en danger du droit d’asile!
Le gouvernement français répète l’important de savoir distinguer migrants économiques et réfugiés. Seul l’OFPRA peut faire ce travail, et ce uniquement si le requérants sont admis à entrer sur le territoire français. Toute autre attitude relève du refoulement et cela, c’est illégal. Mais après tout, faire sous-traiter l'accueil des demandeurs d'asile à l'Italie n'a coûté que 800 millions d'Euros en 2017, plus quelques dizaines de millions versés aux "autorités" libyennes, expertes dans l'art de rançonner les migrants…
 
L’épisode de l’Aquarius éclaire un peu mieux les objectifs de l’Etat français et du ministère de l’Intérieur. Le renvoi systématique des demandeurs d’asile vers l’Italie depuis la fin de l’année 2017 sous le pauvre cache-sexe du règlement Dublin qualifié de "priorité nationale" ( !) masque mal l’objectif réel de décourager les demandeurs d’asile d’entrer en France. Les récentes dispositions de la loi Collomb, sous couvert de "réduction des délais" ne servent pas d’autre ambitions – sinon peut-être la réduction des dépenses.
L’application bête et méchante de la procédure Dublin cherche surtout contourner le droit international, à gérer les demandeurs d'Asile selon les critères de la gestion de flux d'immigration, et donc à contraindre les autorités italiennes de prendre des mesure pour stopper l’arrivée de demandeurs d’asile en Europe. Il vise à conduire le gouvernement italien à s'opposer au débarquement de personnes sauvées en mer. La victoire de mouvements et la nomination d’un gouvernement hostiles à l’arrivée de migrants a été probablement une bonne nouvelle pour le Ministre de l’intérieur. Revers de la médaille realpolitique, il s’agit d'un gouvernement anti-européen et "populiste". Mais après tout, on n’a rien sans rien…

Donald Trump veut construire un mur pour stopper les réfugiés et l'immigration vers les Etats-Unis.

Le gouvernement d’Emmanuel Macron utilise une arme beaucoup plus cynique : le mépris.

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